Lorsque ma pratique est limpide, on peut voir à travers moi

It is a honor for us to present to you a new feature on EDIG’s site.  We will begin to offer on a regular basis translations of our work in several European languages, beginning with this one today in French.   Soon, you will see a section devoted to these offerings.  We are delighted to acknowledge the diversity of our international readership though this new action.

We are also honored to introduce you for the first time to Ven. Luis Lista (Yao Xin Shi) that has joined EDIG as our official translator.  Ven. Yao Xin is a Zen Buddhist Priest living in Brussels.  In addition to leading the Brussels Sangha he founded, he is an active translator of both contemporary and legacy Buddhist texts.

The work we offer today is the French translation of When My Practice Is Clear, You Can See Right Through Me.

Lorsque ma pratique est limpide, on peut voir à travers moi

Ven. David Xi-Ken Astor

Translated by: Ven. Yao Xin Shi

Je regardais un documentaire sur le pianiste Glenn Gould  , peut-être le plus grand interprète de Bach de tous les temps, et j’étais saisi par la manière dont il semblait transcender sa forme humaine et disparaître derrière son travail, en particulier lorsqu’il interprète J. S. Bach. Comme s’il avait totalement disparu et qu’il avait laissé la musique apparaître à travers lui. Cela mobilisait son corps tout entier, et on aurait cru que son esprit était ailleurs. Ça me rappelle le poème Zen : La grange a brûlé, à présent je vois la lune.

J‘enseigne à mes étudiants qu’il est important d’apprendre à ne pas se mettre en travers des choses que l’on fait, et de laisser notre pratique rayonner à travers nous. Lorsqu’on débute dans cette pratique, il n’est pas évident d’avoir de l’aisance, il est nécessaire de pratiquer longuement. Il semble parfois qu’il y ait deux parties en chacun d’entre nous, la partie fonctionnelle de notre être qui apprend à manipuler une technique en vue de la maîtriser, et l’ego qui veut contrôler le processus, et qui n’est pas évident à laisser de côté. En d’autres mots, il y a une part de nous-même qui est un canal pour l’énergie, un réservoir de connaissance, une mémoire musculaire, et l’entière expérience de la vie qui influence et coordonne la manière dont j’agis. Il y a ensuite une part de nous-même qui est égocentrique, celle qui cherche à critiquer, à se vanter des mérites de nos actes et à accepter les dénigrements des autres ; l’ego cherche à mener la barque.

L’enseignement que j’ai vu dans le documentaire sur Glenn Gould, c’est qu’il semblait laisser son ego disparaître de façon à devenir un canal pour la musique. Lorsque nous laissons notre ego conditionné disparaître, nous laissons notre expérience, aiguisée par la pratique, se connecter avec la manière dont nous agissons à chaque instant, afin de produire le plus de résultats karmiques positifs.

Ne pas se mettre en travers des choses signifie, avant d’agir, rester attentif à l’intention que nous mettons derrière nos actes ; et cela de manière à exécuter nos tâches quotidiennes sans chercher à arrêter nos pensées ou à nous juger. Notre corps-esprit est sans cesse baigné dans le flux de notre expérience, ainsi nous réagissons sur base des connaissances que nous savons efficaces, particulièrement dans des domaines pratiques. C’est la Prajna en action.

Examinons ces mots de Suzuki dans Esprit Zen, Esprit du débutant :

 Lorsque nous faisons quelque chose avec un esprit simple et clair, nous ne développons pas de notions ou de « fantômes mentaux », ainsi nos actions sont fortes et justes. Mais lorsque nous interagissons avec les  choses, les gens, ou la société avec un esprit compliqué, notre activité devient très complexe.

« Avoir l’esprit du débutant” est un des paradoxes du Zen. Ce n’est pas réellement l’esprit d’un débutant dont il est question, sauf si nous pensons à un nouveau-né. Il faut beaucoup de pratique pour arriver « au début ». Un esprit du débutant signifie ne pas avoir d’idées préconçues sur les résultats de nos actions. Suivre simplement quelque chose de très profond. Nos interactions seront pleines de naturel et de fraicheur, en contraste avec ce que recherche notre « Soi égotique » piloté par les gratifications, l’admiration et les louanges. L’esprit du débutant est un géant qui dort en chacun d’entre nous. Une fois éveillé, il peut refléter l’Univers tout entier. L’énergie qui est produite par le champ de « l’esprit du débutant » provient du lâcher-prise de nos préférences personnelles, de nos attachements, et des vues erronées que nous prenons pour la réalité. C’est par ce lâcher-prise que nous nous connectons à l’énergie provenant d’un « Soi non-égotique », un Soi insubstantiel et vide, un Soi qui amène de la paix, de la santé et de l’harmonie, dans un monde plein de potentiel où nous apprenons à toucher à la part spirituelle de notre être. Prajna Paramita.

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